Vendredi, 26 Avril 2019

Chute du rand: L'Afrique du Sud vue par les mauriciens.

Avec le rand qui perd des forces, il devient moins cher pour les Mauriciens de faire des séjours en Afrique du Sud. D’ailleurs, dans les agences de voyages, on note une hausse des voyages effectués au pays de Mandela.

Le rand a plongé de plus de 25 % en 2013, selon les cambistes et s’échange actuellement à Rs 2,87. « Cette dépréciation est dû à des problèmes économiques et  structurels auxquels fait face l’Afrique du Sud, notamment le déficit élevé de sa balance des paiements », indique l’économiste Swadicq Nuthay. Un glissement qui fait baisser le coût du billet d’avion et les frais d’hébergement. « Il faut compter environ Rs 22 000 pour un billet de South African Airways contre environ Rs 23 000, il y a encore quelques temps. 

L’hébergement est également moins cher en Afrique, soit de l’ordre de 5 % », indique Rajiv Nundran, Travel Consultant chez Sunset Holidays. Devika Ghunsam, ‘Managing Director’ de Clavis Travel Bureau, note, pour sa part, que les dépenses (frais d’hébergement, billet d’avion, etc) pour se rendre en Afrique du Sud ont chuté de 25 à 30 %.

Conséquence : les Mauriciens sont plus nombreux ces derniers temps à partir en Afrique du Sud. « Nous avons pas mal de demande pour des séjours d’une durée maximum d’une semaine », avance Rajiv Nundran. Et Devika Ghunsam de renchérir : « Les forfaits que nous proposons pour l’Afrique du Sud sont prisés à la fois par les Mauriciens et des Réunionnais, qui font transit à Maurice avant de se rendre en Afrique du Sud ».

Toutefois, la dépréciation du rand n’est pas vue d’un bon œil par certains opérateurs, notamment ceux du textile. « Nos clients sud-africains réclament des réductions des prix sur nos produits. Certains se tournent même vers d’autres pays pour obtenir des meilleurs prix », indique Ahmed Parkar, directeur de Star Knitwear. Du côté des hôteliers, on perçoit la dépréciation du rand comme un « couteau à double tranchant ». « Si le client sud-africain règle sa note en rand, c’est l’hôtel qui est perdant. D’autre part, il y a le risque que ceux qui paient en roupie ou en dollar trouve notre destination plus chère et boudent donc le pays », conclut un hôtelier.