Mardi, 18 Septembre 2018

12 centres de FSASEC en Afrique Australe: mission réussie pour Alexandre Sebastiani.

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Former les étudiants venant des milieux défavorisés en électricité est l’une des missions de la French’ South African Schneider Electric Education Centre.

Ce centre a été dirigé de main de maitre par le professeur Alexandre Sebastiani, jusqu’à son retour en France au mois de juillet.

 Le séjour de M. Sebastiani en Afrique du Sud n’a cependant pas toujours été facile.

Il nous a confié, à travers un jeu question réponse,  ce qu’il a connu dans la nation arc-en-Ciel : Les difficultés rencontrées quant au bon déroulement du projet ainsi que les bons souvenirs qui resteront à jamais gravés dans sa mémoire.

Franco-SA : M. Sebastiani, quel est le bilan de votre séjour en Afrique du Sud :                 

Prof Sebastiani : Le bilan est positif, évidemment, on devait créer un réseau de sept centres donc cinq en Afrique du Sud et deux au Mozambique. Les cinq en Afrique du Sud sont (1) à VUT, (2) à Sedibeng college, à Sebokeng, (3) à UJ, University of Johannesburg, (4) CPUT, à Cape Town et (5) au College of Cape Town à Cap Town. Les deux autres seront au Mozambique, un à Maputo et le second à Inharrime. Mais on finira sur 12 centres en tout car après le Mozambique on aura la Zambie, le Zimbabwe, la Namibie et le Botswana.

Franco-SA : Combien de temps êtes-vous restés pour réaliser ce projet ?

Prof Sebastiani : On est resté 7 ans et demi.

                                       

Franco-SA : Avez-vous des regrets ?  

Prof Sebastiani : Les regrets, c’est que quand on a commencé à travailler, pendant toutes ces années, le VUT n’a pas compris l’importance et l’impact qu’on a pu avoir sur les communautés ; et qu’ils n’aient pas vraiment facilité le développement du centre au VUT et les autres centres.

Franco-SA : Quel est le meilleur souvenir que vous gardez de l’Afrique du Sud.

Prof Sebastiani : En fait, c’est aider les enfants, les « social  programs » qu’on a fait dans les Township, c’est aider les enfants dans les écoles des Township, et rénover.  La dernière action qu’on a  faite c’est rénover les shacks des défavorisés. En fait on a refait toute l’installation électrique des shacks. Voilà c’est la dernière chose que j’ai faite avant de partir et c’est ça qui est le meilleur souvenir. Pouvoir aider les plus pauvres.

Franco-SA : Quelles sont les difficultés que vous avez rencontrées en Afrique du Sud ?

Prof Sebastiani : C’est l’inefficacité du system. On a l’impression que tout le monde s’en fout ; Et il manque d’ouverture d’esprit.

Franco-SA : Si c’était à refaire, qu’est-ce que vous aurez  pu faire différemment ?

Prof Sebastiani : J’aurai préféré signer avec Cape Town, par exemple. College of Cape Town, ça aurait été très bien, ça aurait été le meilleur choix.

Franco-SA : Qu’est-ce qui vous manquera le plus ?

Prof Sebastiani : C’est le sourire des gens, le sourire des enfants. En fait même s’ils sont très malheureux, ils sont toujours, pas positifs mais souriants. Ils sourient, voilà. Aujourd’hui c’est aujourd’hui, demain ça sera demain. Voilà, j’ai appris ça d’eux. C’est très difficile à appliquer ici en France en ce moment. Donc je saurai que pour eux, il y a toujours espoir donc c’est ça que j’ai appris ici en Afrique du Sud.

Franco-SA : Qu’est ce qui ne vous manquera pas du tout ?

Prof Sebastiani : La nourriture sud-africaine, ce n’est pas comme la nourriture en Afrique. Ça n’a rien à voir, il n’y a que deux plats : le braai et ensuite il y a un stew avec du pap. Donc ce qui ne me manquera pas du tout, les potholes, load shedding, coupure d’eau, Telkom qui marche jamais, DSTV qui reboote à chaque fois, le décodeur qui ne marche pas bien. Tout ça, quoi.

Franco-SA : Quelle est votre prochaine destination ?

Prof Sebastiani : On rentre en France pour trois ans. Et ensuite après ces trois ans on ira sans doute en Amérique du Sud. Peut-être au Mexique ou au Brésil, ou en Argentine ou en Uruguay, je ne sais pas encore.

Franco-SA : Quel est l’avenir du projet après votre départ ? 

Prof Sebastiani : Je pense que tout va se détériorer petit à petit. Même si tout est en place pour qu’il y ait quelqu’un qui puisse prendre la suite en ce moment.

Franco-SA : Quel est l’avenir du français à Vaal ?

Prof Sebastiani : On a mis en place, avec ma femme, je pense que celle-ci va tenir. Elle va toujours rester petite, ça va tenir, on va toujours y enseigner le français, je pense que ça va survivre. Ce n’est pas un problème de ce côté-là.

Franco-SA : Etes –vous donc totalement satisfait de ce que vous avez accompli en Afrique du Sud ? 

Prof Sebastiani : Oui, on est satisfait de ce qu’on a créé, vu les conditions de travail. A chaque fois qu’on avait un problème, il fallait qu’on explique qui on était, personne ne savait qui on était. C’est ça le problème. Ils n’ont pas fait parler de nous suffisamment tôt.

Franco-SA : Qu’est-ce qui vous a motivé a partir ?

Prof Sebastiani : C’est un départ volontaire. Avec ma femme on s’est donné corps et âme pour ce projet. On a travaillé plus de 10 ou 12h par jour. Même les weekends. Puis on avait l’impression qu’on était les seuls à croire au projet. C’était pour les pauvres parce que notre projet, notre centre de formation c’est pour les plus défavorisés, c’est pas pour les riches. Ceux qui sont riches n’ont pas besoin de nous. Nous, on travaillait pour les pauvres. Ils avaient tout pour venir travailler. C’est un départ volontaire parce qu’on est fatigué. Moi j’ai besoin de me reposer, je travaille de trop.

Franco-SA : Reviendrez-vous en Afrique du Sud ?

Prof Sebastiani : Oui, on reviendra en Afrique du Sud.   J’ai laissé mon4x4 en Afrique du Sud c’est pour aller voir les animaux, le Kruger Park, pour aller en Namibie, j’ai rencontré une tribu Himba, ça, c’est le plus beau voyage que j’ai fait hors Afrique du Sud, mon plus beau voyage, c’est en Namibie avec la tribu des Himba. On a campé avec eux dans leur village, c’est le plus fort que j’ai vu.

On reviendra en Afrique du Sud aussi parce que ma fille elle est née là. Evidemment on viendra lui montrer où est ce qu’elle est née. Qui est d’ailleurs, est un très beau pays.

Franco-SA : Comment pourrez-vous décrire l’Afrique du Sud ?

Prof Sebastiani :  il y a deux Afrique du Sud : une Afrique du Sud pour les touristes, même la nourriture peut nous paraitre exotique, et après il y a une 2e Afrique du Sud, celle qui est moins glamour, pour ceux qui travaillent comme nous ; là c’est moins glamour car tout est difficile : Il n’y a pas de service delivery, personne n’est concerné, personne ne répond aux emails, Même si c’est un beau pays, moi j’ai une question, est-ce que ça va rester comme ça pendant des années quoi ?

                                                 

M. Sebastiani encourage également ceux qui aimeraient visiter le pays à le faire.