Samedi, 17 Novembre 2018

Le ministère de l’intérieur sommé de rouvrir le centre des réfugiés de Port Elizabeth.

Immigration

Le ministère de l’intérieur sommé de se plier aux ordres de la cour constitutionnelle qui l’oblige à rouvrir ce centre des réfugiés fermé depuis 2011.

La communauté somalienne, importante à Port Elizabeth, épaulée par plusieurs organisations de défense des réfugiés, avait engagé en 2012 une procédure pour faire annuler cette décision.

Il s’agit-là d’une longue  épopée judiciaire qui en dit long sur les difficultés pour les réfugiés à faire valoir leurs droits en Afrique du Sud. Début 2011, six centres assuraient l'accueil des demandeurs d'asile à travers le pays.

Trois d'entre eux ont été fermés à cette époque, à Johannesburg, au Cap, et dans la ville de Port Elizabeth. Une situation lourde de conséquences pour les réfugiés, qui doivent se rendre en personne dans les centres du ministère de l’intérieur pour faire valoir leurs droits.

Dès 2012, plusieurs recours ont donc été lancés pour forcer le gouvernement à rouvrir le centre de Port Elizabeth. A deux reprises, la justice a donné raison aux ONG, estimant que la fermeture de ce bureau était illégale et portait préjudice aux demandeurs d'asile. En retour, le gouvernement avait voulu gagner du temps en faisant appel et en promettant d'ouvrir un autre centre près de la frontière du Mozambique. Un projet qui n'a pas encore abouti à ce jour.

Finalement, l'affaire est remontée jusqu'à la Cour constitutionnelle, qui a validé une décision de la Cour d'appel, forçant l'Etat à rouvrir un centre dans la ville de Port Elizabeth.

Le juge en charge de l'affaire a condamné l'attitude du ministère de l’intérieur, qui a selon lui « ignoré volontairement une décision de justice ».

De leur côté, les ONG saluent un arrêt qui va dans le sens du droit international.

A en croire Dino Jilley de l’association des somaliens, la communauté attend avec impatience la réouverture de ce centre pour le traitement des demandes d’asile.