Sunday, 18 August 2019

Patricia Mudiayi, lauréate de Mkhaya Migrant Awards parle de son expérience.

Social

Le ministère de l'intérieur a organisé l'année dernière la toute première édition de Mkhaya Migrant Awards afin de reconnaitre le travail des migrants en Afrique du Sud et changer ainsi la perception que les sud-africains ont des étrangers.

Il était également question d'encourager ceux qui travaillent pour le développement de la nation Arc-en-Ciel.

Patricia Mudiayi, enseignante, d'origine congolaise est l'une des lauréates de la première édition de Mkhaya Migrants Awards dans la catégorie société Civile/ONG.

Arrivée en Afrique du Sud en 1998, Patricia a voulu faire la différence en créant une ONG, Kwesu, afin de venir en aide aux femmes migrantes et les rendre plus indépendantes et autonomes.

La lauréate de Mkhaya qui vit au Cap nous parle ainsi de cette organisation qu'elle a créée en 2011.

Franco-SA : Qu'est-ce qui vous a motivé à créer Kwesu ?

Patricia Mudiayi : L'idée de créer Kwesu m'est venue après avoir traversé des moments difficiles en Afrique du Sud en tant que réfugiée. J'ai pu réaliser combien les femmes étaient limitées et n'avaient pas d'opportunités. C'est ainsi que j'ai décidé de consacrer ma vie à aider ces femmes réfugiées.

Franco-SA : Vous parlez des difficultés rencontrées par les réfugiées, quelles sont justement ces difficultés ?

Patricia Mudiayi : La première difficulté rencontrée est liée à l'obtention des papiers. Il arrive que ces femmes ne parviennent pas à obtenir ces papiers à cause de l'ignorance. La plupart de ces femmes n'étant pas éduquée, elles sont ainsi sujettes au chômage et à la pauvreté ; Elles n'ont pas confiance en elles.

C'est justement pour cette raison que nous avons créé Kwesu afin de les aider à acquérir des connaissances dans la couture, par exemple, et grâce à nos partenaires, des connaissances dans la bureautique afin qu'elles apprennent à devenir autonomes. Nous leur apprenons également l'anglais parce qu'il est difficile pour elles de le faire car dépendant totalement des revenus de leurs maris.

Franco-SA : Etes-vous satisfaite du travail accompli jusque-là ?

Patricia Mudiayi : Nous continuons à travailler afin d'améliorer la qualité de vie des réfugiées et les aider à s'intégrer dans le pays.

Franco-SA : Pensez-vous que ce prix va changer votre vie ou va aider votre organisation ?

Patricia Mudiayi : Oui, je le pense. Grace à ce prix, le travail que j'ai abattu a été reconnu. En tant qu'individu, vous gagnez plus de respect et cela donne du poids à l'organisation. Plusieurs personnes me connaissent à travers ce prix. Cependant, je mène toujours la même vie et je continue de travailler en poursuivant les mêmes objectifs.

Franco-SA : Pensez-vous que Mkhaya Awards arrivera à changer la perception que les sud-africains ont des étrangers ?

Patricia Mudiayi : Je pense que oui même si je déplore le fait que plusieurs migrants ne savent pas grand-chose sur cet Award. A mon humble avis, les immigrés sont plus préoccupés par leur survie quotidienne.