Jeudi, 13 Décembre 2018

La communauté senegalaise se serre les coudes pour son integration en Afrique du Sud

Les différentes communautés, francophones notamment qui ont immigré en Afrique du Sud sont confrontées à l’intégration dans un pays qui, lui aussi connait des difficultés sociales.

Samba-Allasane Thiam, originaire du Sénégal, Vice-Président aux Relations Internationales du Centre de Recherches et de Promotion pour la Sauvegarde des Sites et Monuments Historiques en Afrique, base à Cape Town, Afrique du Sud nous parle des difficultés rencontrées et de l’intégration des sénégalais en Afrique du Sud :

La diaspora sénégalaise en Afrique du Sud est assez bien organisée et s'intègre sans grande difficulté dans le tissu économique sud-africain. Nous avons une culture des affaires qui remonte bien avant les indépendances. Nous avons des associations de toutes les grandes villes d'Afrique du Sud pour organiser la solidarité et l'entraide telles que constatées et vécues généreusement au pays. Elles prennent également en charge ceux qui viennent d'arriver et les frais d'avocat de tous ceux qui, pour multiples raisons, se retrouvent détenus dans le système carcéral sud-africain. La communauté sénégalaise, qui s'intègre progressivement dans le tissu économique sud-africain, évolue depuis quelques temps dans la grande distribution de produits manufacturés en Chine. Certains en profitent également pour poursuivre leurs cursus studiorium et acquérir plus de capacités en business.

L’Afrique du Sud, le nouvel eldorado des jeunes africains : L'Afrique du Sud devient progressivement un hub dynamique attirant de plus en plus d'investissements directs étrangers et des jeunes africains ayant compris que le collapse des économies du Nord n'offrait plus la disponibilité propice au développement apaisé d'une carrière professionnelle et à la capitalisation d'importantes ressources financières capables d'améliorer la qualité de vie de nos parents restés au pays ou de financer des agendas de solidarité nationale.

Nous avons donc des frères qui arrivent légalement dans ce pays poursuivre leurs études et/ou exercer des fonctions dans le secteur privé sud-africain. Et d'autres qui arrivent illégalement en "réfugié économique" et se présentent en activistes politiques persécutés. »

Les difficultés rencontrées en Afrique du Sud : « La pauvreté abjecte et déshumanisante de la communauté noire sud-africaine explique la stigmatisation des noirs africains vus dans certains milieux rétrogrades sud-africains comme des "preneurs d'opportunités" à la place des autochtones. S'y ajoute une politique d'immigration, calquée sur le modèle British, installant des restrictions très difficiles pour tous ceux qui entendent s'établir légalement dans ce pays, y étudier et y faire des affaires. C'est pourquoi, nous avons de vrais faux réfugiés qui dribblent sans complexe les fonctionnaires de Home Affairs.