Jeudi, 19 Juillet 2018

La découverte des Townships de Cape Town

Je m’appelle Angélique et au cours de mon année de césure, j’ai décidé d’effectuer un stage de 4 mois à Cape Town, en Afrique du Sud. J’avais aperçu les Townships une première fois sur la route qui m’a conduit de l’aéroport au centre-ville. Vivant et travaillant au cœur de Cape Town, j’y ai été très peu confrontée par la suite, alors que la plupart des personnes que je croisais au quotidien : caissières, agent de sécurité, serveurs, … y vivent tous les jours.

Pour concrètement découvrir la vie dans les Townships, j’ai alors réservé un tour d’une demi-journée avec African Travel Desk [http://africantraveldesk.co.za/tours/cape-town-township-tour-half-day/]. J’ai pu vivre une expérience vraiment surprenante et enrichissante entre Histoire, rencontres et dégustation de bière locale.

Sensibilisation

Il est assez difficile de se rendre compte de la réalité de la vie sur place tant qu’on de l’a pas vu, tout comme je n’imaginais pas rencontrer une telle hospitalité et sympathie de la part des habitants.

Le tour a commencé en douceur avec une introduction historique des Townships autour de la ville, notamment grâce à la visite d’une heure du District 6 Museum, mais aussi des connaissances et du  guide lui-même résidents des Townships.

Ensuite, en arrivant à Langa, plus vieux Township de Cape Town, c’est un tour d’environ une heure à pied qui a débuté en compagnie d’un second guide local et ponctué par une dégustation de bière locale. Enfin, la demi-journée s’est achevée par un passage en voiture dans le Township de Khayelitsha, le plus grand de la ville. 

Complètement immergée dans cet environnement, j’ai pu rapidement me rendre compte des conditions de vie rudimentaires de la plupart des habitants. Au détour de maisons de fortune construites en tôles ou d’autres un peu plus confortables en béton, j’ai croisé beaucoup de personnes sans emploi qui discutaient entre elles dans les allées. Des femmes faisaient la lessive à la main tandis que certains enfants jouaient dans la rue, n’ayant pas tous l’opportunité d’aller à l’école.

Même si de nombreuses associations œuvrent à la construction d’infrastructures comme des écoles dans les Townships, beaucoup de travail reste à faire.

Mal être

Les tours sont organisés dans le respect des habitants et en compagnie de locaux, et pourtant, un sentiment de mal à l’aise ne m’a pas quitté de toute la matinée. Je ne pouvais m’empêcher de ressentir un côté voyeuriste à entrer chez des personnes que je ne connaissais pas, m’immiscer dans leur quotidien sans vraiment y avoir été invitée et surtout avec un sentiment d’impuissance.

C’est en m’imaginant à leur place de cette façon que je me suis sentie le plus mal à l’aise. De savoir que j’avais mon Iphone dans ma poche, quand certains peinent à avoir l’électricité ou simplement se nourrir, réaliser l’écart entre les deux modes de vies que nous représentions m’a donné un sentiment de culpabilité voire de honte. J’aurais tellement voulu les aider et faire quelque chose pour ces personnes que j’ai rencontrées plutôt que de simplement être de passage et observer leur quotidien.

Même si c’est un sentiment d’impuissance général qui domine, il est toutefois possible de participer à l’économie locale, chacun à son échelle.

Contribution

Pendant le tour à pied, j’ai eu l’opportunité de découvrir une crèche où une trentaine d’enfants, autour de 3-4 ans, coloriaient en chantant des chansons sur le respect des autres, de soi-même et de son corps.

Après ce moment de partage, les touristes dont je faisais partie étaient encouragés à laisser dans une urne une contribution financière. Celle-ci participera au développement de l’école et permettra à plus d’enfants d’en bénéficier. Même si le geste peut sembler dérisoire sur le moment, ces quelques Rands prendront un jour part à un projet de plus grande envergure.

La donation à l’école n’était pas la seule façon d’aider les habitants des Townships. Pendant le tour à pied, il était régulièrement possible d’aller à la rencontre d’artisans qui vendaient des peintures, bijoux et autres souvenirs réalisés à la main.

Enfin, la participation même à ce tour est déjà une forme de contribution en soi, car elle permet au moins aux guides qui accompagnent des touristes comme moi pendant une demi-journée d’avoir un emploi et de gagner de l’argent pour leur famille.

Bien que mitigée, la découverte des Townships reste pour moi une l’opportunité d’appréhender le mode de vie de ses habitants et de mieux comprendre les enjeux autour de la ville de Cape Town. Cette expérience permet également de se rendre compte de la chance qu’on peut avoir dans d’autres pays et de relativiser un peu plus nos problèmes du quotidien.